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les balades à vélo de Pierrot

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Joyeux Noël
à toutes et à tous !

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un week-end à la découverte
de la haute vallée de la Dordogne
(septembre 2020)

Cette année 2020 fut certainement la plus singulière que beaucoup d’entre nous connurent en raison de ce rogntudju de virus ! Et la nouvelle du confinement total à compter du 17 mars nous a même tous sidéré. Ce fut comme si le monde s’arrêtait de tourner ou si le temps se trouvait brutalement suspendu, en ouvrant une grande parenthèse qui se n’est malheureusement toujours pas refermée.

Dans toutes nos activités, ce fut le grand chambardement et notre passion pour le cyclotourisme n’y échappa pas. Après quelques premières sorties hivernales pour se remettre en route, ce fut l’arrêt complet et, dans les mois qui suivirent, aucune des randonnées traditionnellement organisées par les clubs de Lozère n’eut lieu en raison de cette crise sanitaire.

Malgré cela, l’espoir de se revoir enfin sur le vélo lors de l’habituel séjour du comité départemental de cyclotourisme de la Lozère au début du mois de septembre brille comme la flamme d’une bougie dans un très long et obscur tunnel dont on devine à peine la sortie. Il ne faudrait pas grand-chose pour que cette flamme vacille et s’éteigne mais il n’en sera rien.

Avec l’arrivée des beaux jours, la situation sanitaire s’est quelque peu améliorée et permet d’envisager un été plus calme, même si toutes les précautions auxquelles nous commençons à nous habituer (port du masque, respect des distances, etc) restent essentielles au quotidien. En cette fin août – début septembre, l'épidémie est encore dans le creux de la vague. La prochaine ne tardera pas à nous submerger à nouveau mais en attendant, notre séjour au VVF Villages de Vendes, à Champleix dans le Cantal, est maintenu et le rendez-vous sur place est confirmé pour le vendredi 4 septembre à midi.

Vendredi 4 septembre

Depuis Mende, il faut compter environ 3 heures de route en rejoignant l’autoroute A75 à Saint-Chély d’Apcher avant de la quitter à Saint-Flour pour prendre ensuite la route en direction de Murat puis de Riom-ès-Montagne et enfin de Mauriac. Ce court voyage se fait sous le soleil et je profite pleinement des superbes paysages des plateaux du Limon et de Trizac en roulant tranquillement, même si désormais la vitesse sur les routes départementales du Cantal est passé de 80 à 90 km/h. Ce week-end sent bon les vacances et j’ai bien l’intention d’en profiter pleinement !

Il est un peu plus de 11 h 00 lorsque j’arrive au village vacances, situé en bordure de la route de Mauriac, au milieu des bois. Il s’agit en fait d’un ancien village minier (mine de houille) dont une douzaine de maisons en pierre ont été réhabilitées en logement divisés en 4 ou 6 appartements, auxquelles ont été ajoutés 16 chalets en bois.

Quelques autres cyclos sont déjà arrivés et pour la première fois depuis des mois, nous nous retrouvons enfin pour partager notre passion. C’est vraiment très sympa mais il ne faut pas oublier les fameux gestes barrière alors nous discutons en petits groupes à l’extérieur en attendant de pouvoir récupérer les clés de nos logements respectifs. Théoriquement, nous devrions être 2 personnes par logement mais, au final, je me retrouve seul dans l’appartement au rez-de-chaussée de l'une des petites maisons ; ce qui résout la question des précautions sanitaires durant le séjour !

Une fois tous les cyclos arrivés, nous nous réunissons pour le déjeuner dans une salle qui nous est réservée pour tout le week-end. Après ce repas, c’est enfin le moment tant attendu depuis si longtemps : celui de se remettre en selle pour une première balade. Au choix, deux parcours pour satisfaire toutes les envies. Mon choix se porte sur le petit parcours de 56 km avec une dénivelée positive de 850 m. Cela devrait me permettre de ne pas trop entamer mes forces en vue de la sortie prévue le lendemain sur la journée, d’autant plus que je n’ai fait guère plus de 2 000 km depuis le début de l’année… Comme c’est désormais une (bonne) habitude, j’ai préparé pendant l’été tous les parcours des différentes balades au programme de ce week-end, avec quelques variations pour découvrir quelques sites particuliers, ainsi que leur roadbook. Il n’y a plus qu’à se laisser guider par le GPS pour profiter pleinement des paysages traversés. Par prudence, la carte papier suit dans la sacoche de guidon. On ne sait jamais…

le pic de Charlus le pic de Charlus
le pic de Charlus (606 m)
le pic de Charlus
le pic de Charlus (606 m)

Le départ est donné vers 14 h 00 via la RD 922 (anciennement RN 122) en direction du village de Vendes par une longue descente de 3 km jusqu’à la rivière «la Sumène» que nous traversons avant d’attaquer la première cote de l’après-midi, en remontant la vallée de la Graille. La chaleur se fait déjà sentir (plus de 25 º) et l’ombre des bois que nous traversons est bien agréable. Etonnamment, une voie cyclable y longe la route départementale qui mène au village de Parensol. En fait, c’est un aménagement très récent qui a été créé pour permettre de rejoindre la voie verte en Sumène-Artense depuis Vendes. Après cette première ascension, nous voici maintenant au milieu des pâturage sur un plateau en direction de Charlus dominé par son pic basaltique sur lequel fut érigé le château féodal construit au XIIe siècle et malheureusement détruit en 1633 sur ordre de Richelieu.

un wagonnet un wagonnet
à l'entrée de la mine de Champagnac
un wagonnet
un wagonnet à l'entrée de l'ancienne mine de Champagnac

Le temps de faire quelques photos du site, je me retourne et me voici seul. Tout le groupe a déjà disparu ! Je reprends donc tranquillement ma route vers Champagnac en profitant des points de vue sur le massif du Sancy, au loin à une quarantaine de kilomètres.

A l’entrée du village, quelques wagonnets en bordure de route attirent mon attention. Marquant l’entrée du musée, ce sont en fait les témoins du passé minier de la région où la houille fut exploitée sur le bassin de Ydes⁄Champagnac de 1830 jusqu’en 1959. Jusqu’à 800 mineurs y travaillèrent et la production atteignit quand même 150 000 tonnes en 1918 !

Un peu plus loin, au niveau du hameau de Lempret, une longue et douce descente de 7 km me ramène vers la RD 922 que je traverse au niveau du rond-point des Quatre Routes avant de passer devant le château de Trancis. Me voici à nouveau dans la vallée de la Sumène que je franchi au Pont de Fleurac pour entamer une longue remontée de 12 km sur la RD 12 jusqu’au village de Marlat, en passant par Saignes et sa chapelle Notre-Dame du Château, construite au sommet d’un rocher basaltique au XIIe siècle.

Saignes
à Saignes, la chapelle Notre-Dame du Château, construite au XIIe siècle sur un éperon volcanique

C’est dans ces moments-là que je me dis que j’ai quand même de la chance : être sur cette petite route presque déserte qui serpente entre praires et bois, tout en pratiquant ma passion pour le cyclotourisme par un temps magnifique, est un véritable bonheur enfin retrouvé alors que tant d’autres doivent lutter contre ce fichu virus !

un wagonnet un wagonnet
l'église Saint-Georges
un wagonnet
l'église Saint-Georges à Méallet

Après Marlat, c’est une belle descente à 6 % qui m’attend pour franchir le ruisseau de Marilhou puis une tout aussi belle remontée dans les bois jusqu’au village de Méallet. Il est maintenant un peu plus de 16 h 30 et comme il ne faut pas rompre avec les traditions surtout lorsqu’elles sont bonnes, c’est donc l’heure du goûter pris à l’ombre des tilleuls, à coté de la très belle église Saint-Georges, construite entre les XIIe et XVe siècles.

Montbrun Montbrun
le château de Montbrun
Montbrun
le château de Montbrun

Cette courte pause terminée, je reprends ma route en direction de Claveyres pour rejoindre la RD 678 qui relie Riom-ès-Montagne et Mauriac. Cette route, d’un gabarit plus important, reste malgré tout peu fréquentée et bien tranquille. Et comme je dois rapidement la quitter en prenant sur ma droite la RD 12, il n’y a vraiment aucune inquiétude à se faire. Mais sur cette belle route en descente (environ 6 %), lancé à près de 50 km/h, je la loupe complètement et c’est l’alarme du GPS qui m’indique un écart à ma route trop important. Je m’arrête un peu plus loin sur le bas côte pour faire un point et me rendre compte de mon erreur. Il me faut donc faire demi-tour pour rejoindre le carrefour de la RD 12 que j’ai dépassé seulement de 400 m.

Me voici maintenant revenu sur le bon chemin, sur cette étroite route et si pittoresque dans la vallée du ruisseau de Mars et dont l’entrée était jadis protégée par le château de Montbrun. Dans cette vallée boisée très encaissé, l’ombre est bien agréable à cette heure de la journée. Sur 9 km, je me laisse glissé en toute quiétude dans ce long faux-plat descendant qui me ramène dans la vallée de la Sumène en passant sous le viaduc de l’ancienne voie ferrée reliant Bort-les-Orgues à Aurillac créée dans l’unique but de desservir les mines de Vendes.

maison maison
l'une des maisons du village vacances
Montbrun
l'une des maisons du village vacances

Sur l’autre versant de la vallée, c’est Champleix et le village vacances mais pour le rejoindre, il faut encore affronter une dernière montée depuis le carrefour de la RD 922. L’itinéraire le plus intuitif et le plus court pour le retour est celui qui emprunte directement cet axe routier mais la circulation y est assez importante en cette fin d’après-midi et l’absence de bas-côté n’inspire pas vraiment confiance. Alors j’opte pour un tout petit détour par le centre du village de Vendes et la rue des mines. Cela me permet de la rejoindre 700 m plus loin. Il ne reste alors plus que 1 500 m en légère montée (4,5 %) sur cette grande route pour bifurquer sur ma droite et arriver à l’entrée du village vacances.

Il est presque 17 h 45 lorsque j’arrive alors je rejoins directement mon appartement pour prendre une bonne douche et retrouver ensuite les copains pour déguster une bonne bière à l’extérieur du bar (virus oblige ! Mais comme il fait très beau…), avant de dîner tous ensemble un peu plus tard pour clôturer cette belle journée de vélo.

Samedi 5 septembre

Après une bonne nuit de sommeil et un solide petit-déjeuner, me voici prêt pour une nouvelle balade programmée sur toute la journée. Pour satisfaire les envies de tout le monde, deux parcours nous sont proposés avec une partie commune en matinée jusqu’au site de Saint-Nazaire où nous devons tous nous retrouver pour le pique-nique qui nous sera amené sur place par le véhicule d’assistance. Avec 128 km et 2 000 m de dénivelée positive, le plus grand des parcours me semble trop difficile. Je le laisse aux plus costauds et lui préfère le petit parcours de 82 km avec près de 1 200 m de dénivelée positive afin de profiter pleinement des sites et des paysages qui nous attendent.

Aujourd’hui, je suis accompagné par Florence et Anne qui roule avec nous le matin. Nous nous retrouvons à l’entrée du village vacances et prenons le départ juste avant 9 h 00, avec un peu d’avance sur le reste du groupe qui devrait nous rattraper assez rapidement car la plupart des autres cyclos et cyclotes roulent généralement plus vite que moi !

à la sortie du tunnel de Parensol à la sortie du tunnel de Parensol
à la sortie du tunnel de Parensol
à la sortie du tunnel de Parensol
à la sortie du tunnel de Parensol

L’itinéraire des deux parcours emprunte dès la sortie du village vacances la RD 922 sur environ 8 km dans la vallée de la Sumène. Cet axe routier au trafic important n’est pas très plaisant pour le cyclotourisme alors je lui préfère une autre route qui nous emmène comme la veille dans la montée de Parensol en passant par Vendes mais seulement sur le premier kilomètre. Après quoi, nous quittons la RD 12 pour découvrir la piste verte en Sumène-Artense. Sur 14 km entre Parensol et Cheyssac, cette voie verte a été réalisée en enrobé, sur l’emprise de l’ancienne voie ferrée qui reliait Bort-les-Orgues à Mauriac, sur la ligne Paris-Aurillac.

Après seulement 250 m, nous voici devant l’un des principaux ouvrages de cette voie verte : le tunnel de Parensol. D’une longueur de 534 m tout en courbe, on n’en distingue pas la sortie lorsqu’on y pénètre mais ce n’est pas grave car l’éclairage, dont l’allumage est automatique, fonctionne très bien et s’avère suffisant pour y rouler en sécurité après quand même quelques instants pour s’accoutumer à la pénombre. Par contre, la fraicheur y règne en maître avec à peine une dizaine de degrés et le coupe-vent est bien utile pour s’en protéger un peu.

Après avoir pris le temps de faire quelques photos et d’admirer les peintures exposées à la sortie du tunnel, nous remontons sur le vélo en se laissant glisser dans cette très légère descente en direction d’Ydes. Après seulement 800 m, nous voici maintenant sur le viaduc de Bassignac, d’une longueur de 140 m, qui offre une belle vue sur le village avant d’atteindre le hameau de Largnac où, pour les amateurs, un parcours sportif a été aménagé le long de la voie verte.

la ferme de La Gorce la ferme de La Gorce
la ferme de La Gorce
la ferme de La Gorce
la ferme de La Gorce, dans la vallée de la Sumène

C’est ici que nous quittons momentanément la voie verte pour retrouver l’itinéraire commun et remonter la Sumène dans une vallée assez étroite et boisée sur les premiers kilomètres puis bien plus large vers la ferme de La Gorce et ses pâturages verdoyants jusqu’à Ydes bourg et la Gare de Saignes. Malgré notre allure de cyclotouristes en promenade (15 km parcourus en 1 heure), personne ne semble nous avoir encore rattrapé. Mais peut-être nous ont-ils déjà dépassé depuis longtemps…

le château de Trancis le château de Trancis
le château de Trancis
le château de Trancis
le château de Trancis

À nouveau, nous optons pour une variante au parcours prévu initialement. Plutôt que de rejoindre le village de Cheyssac par les petites routes départementales, nous choisissons de poursuivre notre découverte de la voie verte et de ses cinq derniers kilomètres jusqu’au terminus. Après une photo souvenir prise au niveau de l’ancien quai de la gare, il ne nous faudra vraiment pas longtemps (à peine de 2 minutes) pour faire un nouvel arrêt touristique au niveau du château de Trancis parfaitement visible depuis la voie verte. Cet édifice est en fait une ancienne maison bourgeoise que son propriétaire a fait transformer à partir de 1909 et jusqu’en 1913 en un château de style Renaissance. Quant à la piscine couverte, elle doit certainement être plus récente !

Après le Pont de Fleurac, la voie verte met le cap au nord-est en direction de Cheyssac et s’éloigne progressivement de la vallée de la Sumène. C’est après avoir traversé la route de Rioms qu’une belle surprise nous attend avec l’exposition d’art «Gratter l’obscurité». A travers toute une série de dessins racontant une histoire, Nicolas Savoye fait ressortir les traces du passé minier de la région. Si vous passez coin, n’hésitez pas à la découvrir jusqu’au 30 juin 2021 !

Il est près de 10 h 15 lorsque nous arrivons à l’extrémité de la voie verte, à quelques mètres seulement de la voie ferrée qui reliait Bort-les-Orgues à Neussargues et sur laquelle circule encore, aux beaux jours, le Gentiane Express sur un tronçon de 16 km entre Riom-ès-Montagnes et Lugarde. Nous quittons donc la voie verte (mais seulement temporairement) pour retrouver à Cheyssac le tracé du parcours originairement programmé. La petite route départementale que nous empruntons maintenant pour rejoindre le village de Champ sur Tarentaine serpente à travers les collines boisées dans les vallées de la Rhue et de la Tarentaine.

C’est en franchissant le pont de Lourseyre que nous entendons derrière nous plusieurs personnes qui nous interpellent. Les copains qu’on pensait maintenant loin devant nous n’étaient en fait pas si en avance que ça ! Nous voici désormais tous regroupés à l’exception de quelques cyclos restés en arrière pour aider l’un d’eux victime d’une crevaison. Trois kilomètres plus loin, nous faisons une halte après 2 heures de route pour se ravitailler alors quoi de mieux que la terrasse du café «le Faroulet» sur la place centrale du village pour cela ? Avec Anne et Florence, nous nous installons à une table extérieure et commandons nos boissons préférées (café, thé ou boisson gazeuse avec de la menthe) tout en grignotant quelques gâteaux et autres fruits secs pour remettre du carburant dans le moteur. Confortablement installés, nous profitons pleinement de cette pause pendant un bon quart d’heure alors que certains prennent à peine le temps de s’arrêter avant de repartir le plus vite possible… C’est certain, nous sommes maintenant bons derniers mais c’est bien le cadet de nos soucis tant qu’on arrive à l’heure pour le pique-nique !

Avant que les muscles ne se refroidissent trop et que la reprise soit difficile, nous nous remettons en selle en direction du village de Lanobre puis de la vallée de la Dordogne. Et pour ça, il nous faut sortir de la vallée de la Tarentaine par une belle montée de 3,5 km en pente douce pour atteindre un plateau où se mêlent les parcelles boisées et les praires jusqu’à croiser la route de Clermont-Ferrand. Au niveau de cet important axe routier, il faut être prudent pour le traverser car la circulation y est assez dense.

l'une des six tours l'une des six tours
l'une des six tours
l'une des six tours
l'une des six tours du château de Val

Par chance, la route est rectiligne et la visibilité très bonne ; il suffit d’attendre un peu pour la franchir et continuer notre chemin vers la Dordogne et le superbe château de Val, point d’orgue de cette balade. On y accède par une belle descente à travers les bois et, au détour d’un virage en épingle, l’édifice nous apparaît dans toute sa splendeur, avec ses six tours coiffées de toits de type «poivrière». Cette forteresse médiévale fut édifiée au XIVe siècle sur un éperon rocheux de 30 m en surplomb de la Dordogne Mais depuis la construction et la mise en eau du barrage de Bort en 1951, le château, cerné par les eaux de la Dordogne, est devenu un édifice presque insulaire lui conférant un aspect encore plus spectaculaire.

le château de Val le château de Val
le château de Val et la chapele Saint-Blaise
le château de Val
le château de Val et la chapele Saint-Blaise

Nous y rejoignons tous les autres cyclos qui posent pour une photo souvenir devant la forteresse avant de reprendre leur route. Mais pas question pour nous de les suivre sans avoir profiter du site et comme l’accès à la cour intérieure est libre, nous y laissons les vélos pour prendre le temps d’admirer le château et la chapelle Saint-Blaise construite au XVe siècle. Les amateurs de croisière peuvent même profiter des vedettes panoramiques, dont l’embarcadère se trouve au pied du château pour partir à la découverte des vallées et gorges de la Dordogne ou du barrage de Bort.

L’heure avance inexorablement et il est plus de 11 h 30 alors qu’il nous reste encore une quinzaine de kilomètres pour atteindre notre point de rendez-vous pour le pique-nique. Il faut bien se résigner à se remettre en selle et à quitter ce site touristique magnifique qu’il ne vous faudra manquer sous aucun prétexte lors de votre passage dans la région !

Mais la reprise se fait lentement car il n’y a qu’une seule route pour accéder au château et il faut remonter tout ce que nous avons descendu en arrivant. Avec une pente de 9 % sur près d’un kilomètre, la montée s’avère difficile à gravir et nous fait bien transpirer pendant quelques minutes. Après cette courte amis intense grimpette, nous tournons de suite sur notre droite à travers des lotissements pour rejoindre très tranquillement la route de Clermont-Ferrand un gros kilomètre plus loin. C’est toujours ça de moins à faire sur cet axe important et cela nous permet de le rejoindre au début de la descente sur Bort-les-Orgues.

le barrage de Bort-les-Orgues le barrage de Bort-les-Orgues
le barrage de Bort-les-Orgues
le barrage de Bort-les-Orgues
le barrage de Bort-les-Orgues

Il n’y a plus qu’à se laisser glisser tout en restant très attentifs aux autres véhicules jusqu’à la bifurcation qui mène au barrage. Après une très légère remontée dans les bois passée presque sur l’élan, nous arrivons à l’usine EDF de la Rhue et au très impressionnant barrage de Bort de type poids-voûte, construit à partir de 1942 et mis en eau presque 10 ans plus tard en 1951. Vous l’aurez peut-être remarqué, c’est l’un des rares ouvrages industriels français dont la construction aura commencé pendant la seconde guerre mondiale… Avec une base de 80 mètres, une crête de plus de 8 mètres de large, une hauteur de 120 mètres et une longueur de 390 mètres, c’est le plus important de la Dordogne et le lac de retenue qu’il forme s’étend sur plus de 20 km sur les départements de la Corrèze, du Cantal et du Puy de Dôme. Et pour en finir avec les nombres impressionnants, c’est la 4e plus grande retenue de France métropolitaine avec un volume de 470 millions de m3. Bref, difficile de ne pas être impressionné par cet ouvrage surtout lorsqu’on le franchit à pied ou à vélo et que l’on se penche un peu par-dessus le parapet aval !

Il est midi lorsque nous reprenons la route pour notre objectif : le site de Saint-Nazaire et le pique-nique. Et pour cela, il n’y a pas d’autre choix que d’emprunter la RD 979 qui mène à Ussel et à l’autoroute A89. Dès le barrage, la route s’élève à 6 % sur 1 500 m avant d’arriver sur un plateau alors avec la faim qui commence à se faire sentir, notre vitesse atteint péniblement les 10 km/h. Ajoutez à cela le trafic intense, l’absence de bas-côté suffisamment larges et la voie de dépassement dans le sens de la montée qui permet aux véhicules de se dépasser sans trop prêter attention aux vélos, ce n’est pas vraiment une partie de plaisir. Chacun de nous trois montant à son rythme, nous nous regroupons aux Aubazines-Hautes avant de poursuivre sur cette grande route jusqu’à Le Chassang où nous devons tourner à gauche. Par prudence, nous marquons l’arrêt sur le bord droit de la chaussée devant l’entrée d’une ferme pour s’assurer de couper la route en toute sécurité.

la vallée de la Dordogne la vallée de la Dordogne
la vallée de la Dordogne
la vallée de la Dordogne
la vallée de la Dordogne, depuis le site de Saint-Nazaire

Ça y est, c’est fait, quel plaisir de retrouver le calme et la sérénité des petites routes de campagne et ce pratiquement jusqu’à l’arrivée. Il ne nous reste plus qu’un quart d’heure de route à travers les prairies de fauche et les pâturages pour atteindre vers midi et demi, après avoir parcouru 52 km, le site de Saint-Nazaire où les autres cyclos et cyclotes sont déjà occupés à casser la croûte. À notre tour, nous récupérons notre pique-nique dans la voiture suiveuse et s’installons à l’ombre bien agréable des chênes pour un bon moment de repos tout en profitant du superbe panorama sur la vallée boisée de la Dordogne ennoyée par le lac de retenue du barrage de Marèges. Alors que nous venons de commencer à dévorer notre pique-nique depuis peu, un premier groupe de cyclos reprend la route pour le grand parcours. Il faut dire qu’ils ont encore plus de 75 km à parcourir ! Anne, qui souhaite continuer avec eux, se dépêche de finir son repas et remonte, elle aussi, en selle.

Après trois quarts d’heure de pause, c’est pour Florence et moi le moment de reprendre la route mais seulement pour une quarantaine de kilomètres ; cela nous suffira amplement ! Comme d’habitude, la reprise après le repas est toujours un peu difficile dans les premiers kilomètres mais après le village de Sarroux, l’ascension du col du Puy de Bort, point culminant de notre balade à 811 m d’altitude, nous remet très vite dans le rythme même si son ascension par ce versant est courte (2,5 km depuis La Vedrenne) avec une dénivelée modeste (150 m). Même si ça fait mal aux jambes, ce n’est rien en comparaison avec l’autre versant que nous faisons en descente et qui offre une pente moyenne de 6,7 % sur plus de 5 km avec des passages à 13 %. La descente sur Bort-les-Orgues est donc assez rapide ! Malheureusement, la route en sous-bois n’offre que très peu de points de vue sur les orgues basaltiques du plateau de Chastel-Marlhac qui, pourtant, sont juste au-dessus de nos têtes.

Une fois dans le centre-ville, nous cherchons un café ouvert mais en vain. Il nous faudra encore patienter quelque temps pour en trouver un… Au passage, nous découvrons la halle aux blés qui abrite la statue de «l’Enfant» par Paul Roger-Bloche avant de quitter la ville par la grande route de Mauriac jusqu’au Ruisseau Perdu, non sans profiter du point de vue sur les magnifiques orgues basaltiques parfaitement visibles cette fois ! Une longue montée en très grande partie à l’ombre dans les bois nous ramène sur la route de Campagnac que j’ai emprunté la veille avant de tourner sur la gauche pour descendre jusqu’au rond-point des Quatre Routes puis au village de Trancis.

les orgues basaltiques
les orgues basaltiques surplombent Bort-les-Orgues

Au niveau de l’entrée du château, nous prenons l’étroite route qui nous ramène à la Gare de Saignes où nous retrouvons la voie verte de Sumène-Artense pour en découvrir le dernier tronçon de 5 km que nous n’avions pas empruntée le matin. Alors que nous traversons Ydes, la chance nous sourit : le café «Au Bon Coin» est ouvert et une table en terrasse vient juste de se libérer. C’est pour nous hors de question de laisser une telle occasion nous échapper alors nous nous y installons rapidement et commandons une bonne glace et une boisson bien fraîche pour notre plus grand plaisir. Même si les clients commentant en direct les courses hippiques sont quelques peu trop bruyants, cette pause est vraiment bien agréable ! Juste en face, se trouve le mémorial de la mine qui retrace l'histoire du bassin minier de Champagnac-Ydes, situé bien évidemment rue de la mine !

la piste verte la piste verte
sur la piste verte de Sumène-Artense
la piste verte
sur la piste verte de Sumène-Artense

Il est à peine 15 h 30 lorsque nous quittons le café et reprenons notre route toujours sur la voie verte alors qu’il nous reste une douzaine de kilomètres à parcourir jusqu’au village vacances. Tout va bien, rien ne presse, nous avons encore tout notre temps et c’est parfait comme ça ! Quelques hectomètres plus loin, au niveau de l’ancienne gare, se trouve un bureau de l’office de tourisme et le pôle de location. Si vous n’avez pas votre propre matériel, vous pourrez y louer des VTT, des vélos électriques, des rollers ou des trottinettes pour découvrir selon votre envie cette superbe voie verte.

À hauteur du village de Largnac, nous arrivons au terme de ce dernier tronçon de la voie verte et c’est le moment de la quitter définitivement après en avoir parcouru chaque mètre. Et comme nous ne repassons pas par le tunnel de Parensol, il faut bien trouver un autre itinéraire. Celui que j’ai choisi passe par le village de Parensol après une grimpette d’un kilomètre et demi à plus de 6 % dans les bois et rejoint Vendes par une très belle descente. Ce sont maintenant les ultimes efforts pour rejoindre Champeix par le même itinéraire que la veille via la rue des mines et c’est l’arrivée au village vacances vers 16 h 30 ; ce qui nous laisse tout le temps de se doucher avant le retour des cyclos partis sur le grand parcours. Plus tard, comme la veille, nous nous retrouvons au bar en extérieur avant le diner. Il ne manque plus qu’une bonne nuit de sommeil pour bien récupérer et être en pleine forme pour une dernière balade dominicale.

Dimanche 6 septembre

Pour cette dernière randonnée du séjour, le temps n’est plus aussi agréable que les jours précédents. Le ciel s’est couvert et la température a fraîchi notablement avec 15° C au mieux. Malgré cela, Florence m’accompagne encore ce matin pour une sortie courte (42 km) mais pas facile avec 850 m de dénivelée positive quand même ! Pour ne pas rentrer trop tard car il nous faut libérer les chambres avant le repas du midi, nous partons vers 8 h 30, en avance sur le reste du groupe. Une nouvelle fois, j’ai adapté le petit circuit initialement programmé en le raccourcissant d’une dizaine de kilomètres après Mauriac.

le château de Sourniac le château de Sourniac
le château de Sourniac
le château de Sourniac
le château de Sourniac

Les premiers tours de roues nous emmènent par de toutes petites routes de campagne désertes en cette heure matinale jusqu’à Jaleyrac pour une première cote qui va nous permettre de bien se réchauffer avec 2 km de montée et 130 m de dénivelée. Notre itinéraire nous conduit ensuite vers le château de Sourniac, construit au XVIIe siècle dans un style encore médiéval, puis vers le village d’Arches et son étonnante tour percée, vestige d’un donjon médiéval rabaissé de 18 m. Ensuite, nous mettons le cap au sud-est pour rejoindre la vallée du Labiou presque sans aucun coup de pédale sur 6 km, dans un long faux-plat descendant avant de piquer sur la rivière dans une belle descente à 8,5 % sur 1 500 m. Brrr, ce n’est vraiment pas la grande chaleur ! Alain, parti plus tardivement et resté en arrière pour dépanner un copain victime d’une crevaison, nous rejoint à ce moment précis.

Maintenant, il va falloir ressortir du trou et pour cela, remonter sur 7 km jusqu’aux portes de Mauriac. La fatigue des jours passés se fait sentir et chacun d’entre nous montent à son rythme en faisant quelques arrêts pour s’attendre. Arrivé dans la ville, nous nous dirigeons vers le vieux centre historique dans l’espoir d’y trouver un café ouvert. C’est chose faite sur la place de la basilique Notre-Dame-des-Miracles et une boisson chaude est la bienvenue pour se réchauffer un peu…

Vers 10 h 45, nous remontons sur les vélos et quittons Mauriac pour les derniers kilomètres de cette balade toujours sur de petites routes qui nous ramènent sans trop d’effort à Jaleyrac où nous retrouvons en sens inverse l’itinéraire suivi plus tôt au départ. Après l’ultime véritable coup-de-cul de Pradel (300 m à 12 %), c’est l’arrivée au village vacances un peu avant midi moins le quart.

Une fois la douche prise, c’est le moment de boucler la valise, de charger la voiture et de retrouver tout le monde pour notre dernier repas ensemble. Ensuite, c’est le retour en voiture vers Mende. Ce séjour aura été une vraie réussite malgré la crise sanitaire qui ne tardera pas à connaître sa seconde vague. Mais en attendant, nous aurons le plaisir de nous revoir le week-end suivant sous le soleil pour la randonnée du Sabot à La Canougue !

© les balades à vélo de Pierrot - récit en date du .

N'hésitez pas à découvrir les 2 albums photographiques (37 photos) illustrant ce récit dans la photothèque accessible directement en cliquant ici.

Vous pouvez aussi consulter la carte de la balade du samedi 5 septembre dans la rubrique «les balades cyclos» de la cartothèque via le menu «la médiathèque» ou directement en cliquant ici.

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